Laboratoire de
recherche - création 1

École Supérieure de Théatre (UQAM), mai 2024, Montréal

06.
FERMER : la cerrada

L’humain·e peut-iel être ailleurs qu’au centre?

Camille
« Serrer, tenir, passer d’une manœuvre à une autre : ces gestes de transition sont les plus difficiles, ceux qui demandent autant de technique que de présence. C’est un moment d’écoute de soi et de l’autre plus fin, un moment de passage qui permet de continuer à entrer dans les profondeurs de la pratique, mais aussi le lieu où le rythme peut nous échapper, le rebozo peut nous échapper des mains et il y a alors rupture du continuum de l’expérience. »

Andrea
« Cette précision dans les transitions vient avec le temps. »

Chiara
« Nous communiquons avec la personne [allongée] sans mots. Nous faisons acte de présence à chaque étape et entre chaque étape. Il nous faut respirer avec et en même temps sentir quelle sera la prochaine étape. »

Cette observation de la délicatesse des intersections et des passages est une attention à ce qui est plus petit, « moins spectaculaire », moins visible, moins actif et volontaire. Andrea partage ses observations après avoir reçu une manteada d’une personne qui a marqué des pauses assez longues lorsqu’elle berçait sa tête d’un côté à l’autre.

Andrea
« Cela me rappelle la beauté des pauses, ce temps d’arrêt lorsque la tête est sur le côté. C’est un moment pour écouter la respiration de la personne allongée, une sorte de « tune in ».

Elle continue, en partageant une image que lui évoque le moment où la personne qui vient de recevoir une manteada s’extrait des rebozos enroulés autour de son corps.

Andrea
« Cela me rappelle les bourgeons de pruche. Ils ont un petit chapeau sur le dessus qui contient les épines naissantes, et on peut l’enlever. C’est comme le petit capuchon de
rebozo de la cerrada »

[…] à suivre