École Supérieure de Théatre (UQAM)
Montréal, mai 2024
Corps-Rebozo : fertilité du repos explore le repos comme espace de relation, de soin, de création et comme un acte politique. À la croisée des pratiques de soin, des pratiques somatiques en danse et de l’installation performative & participative, ce projet de recherche-création interroge nos manières d’habiter nos corps, le temps et l’espace, dans des contextes souvent marqués par l’hyperactivité, les injonctions à être performant et l’épuisement.
Au cœur de cette recherche se trouve la manteada, une pratique de soin mexicaine qui s’effectue à l’aide de rebozos, de grands tissus rectangulaires. Lors d’une manteada, le corps d’une personne allongée au sol est enveloppé, soutenu, bercé et massé par les mouvements des rebozos “manipulés” par les pratiquantes. Ces mouvements et bercements permettent de remettre en circulation les stagnations, tandis que le fait d’être enveloppé et tenu rééquilibre et apaise le système nerveux, favorisant des phases de repos. Traditionnellement transmise entre femmes et sages-femmes, notamment dans les régions de Oaxaca et du Michoacán (Mexique), dans le but de se soutenir mutuellement, cette pratique s’est étendue dans différents contextes de soin et d’activations somatiques au Mexique et à l’international.
Dans le cadre de ce projet, la pratique de la manteada et son contexte sociohistorique sont transmis aux participant·es par deux praticiennes mexicaines : la danseuse, chorégraphe et doula, Andrea de Keijzer Ulate et la psychopédagogue et accompagnante à la naissance, Angie Yañez. Toutes deux collaborent à cette recherche depuis 2022 et ont créé à Montréal l’organisme Collective Rebozo, où elles offrent des soins, des formations et des cérémonies issues de la médecine traditionnelle mexicaine.
Nous sommes à la fin de la session d’hiver à l’UQAM dans le Pavillon Judith Jasmin à Montréal. Le studio de théâtre, boîte noire un peu poussiéreuse où je donne mes cours de mouvements pour les étudiantes de 1er année depuis un an, est plongée dans une mi-pénombre…
TISSER avec la MANTEADA : pratiquer des gestes depuis les sols de nos cuisines et de nos chambres à coucher jusqu’aux studios de l’université.
Se réapproprier nos espaces de repos Semaine 02, mai 2024, UQAM.
Collaborer avec le sol ~ Depuis la tête, jusqu’aux pieds, en passant par le torse, les bras, le bassin et les jambes, avec un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept rebozos, bien « assise » dans son bassin, bien ancrée dans le sol, la tête allongée au-dessus de la colonne :
Depuis hier, nous entamons la partie du projet qui s’appelle « Ouvrir les possibles – tisser avec les anciennes et celleux qui viennent ». C’est-à-dire qu’à partir des transmissions pratiques et théoriques d’Angie et d’Andrea, nous commençons à créer des protocoles en tissant avec les propositions ou les pistes d’idées de chacune…